
Importée en France directement d’Outre Atlantique en 2000, la politique dite de tolérance zéro, montre aujourd’hui ses limites et son inadéquation face aux questions de sécurités intérieures actuelles. Notre ville n’échappe pas à ce constat.
Braquage du supermarché Aldi, étudiant sauvagement poignardé pour un téléphone portable, déclaration de l’état d’urgence à Woippy durant la crise des banlieues en novembre 2005 et enfin l’intervention héroïque de Louis Legret prouvent que malgré la multiplication des effectifs de la police municipale, l’achat coûteux de 4X4 et d’équipements dignes de forces armées d’élite, et une application stricte de la politique de tolérance zéro, le « tout sécuritaire » n’a en rien enraillé les problèmes d’insécurités vécus quotidiennement par les Woippiciens. Ces quelques exemples malheureusement non exhaustifs ne peuvent que prouver l’échec de la politique sécuritaire de la majorité municipale. Vous croyez être désormais plus en sécurité à Woippy qu’auparavant ? Détrompez vous, cela n’est qu’une illusion montée de toutes pièces par des effets d’annonces ; la multiplication des articles et photos de notre police dans les journaux et Woippy Magazine n’a pour but que de renforcer cette dernière.
Revenons sur les propos énoncés par notre Député-Maire dans son recueil que chacun d’entre nous a reçu lors des dernières élections municipales. Sa devise, "la répression est la meilleure des préventions", n’a de sens que dans une conception erronée et détachée de la réalité du terrain.
Afin de comprendre la contradiction de son discours, rappelons en premier lieu les définitions de ces deux termes antinomiques.
La prévention a pour objet de prévenir certains risques, en l’espèce l’insécurité, par le biais d’un ensemble de mesures et de précautions. Il est donc question de s’attacher en amont à la résolution de problèmes (socio-économiques) pour éviter que d’autres plus conséquents en découlent (violence, racisme, haine de la république).
La répression quant à elle n’est vouée qu’à limiter ces derniers. Mais en aucun cas, elle ne pourra les stopper de manière définitive car elle ne peut agir à la source du problème, elle n’apportera aucune solution à un engrenage complexe, mais au contraire elle ne peut qu’aggraver la situation comme l’ont démontré les incidents dans la cité des Tarterêts et celle des Mureaux en septembre et octobre 2006.
De facto, la politique du tout répression ou dite de tolérance zéro ne se préoccupe que des conséquences et non des causes des infractions car elle ne prend pas en compte l’aspect sociologique de la délinquance.
Selon Bernard Harcourt, professeur de droit à l’Université de Chicago, la théorie de la tolérance zéro ne marche pas, et est critiquée aujourd'hui par la police et la communauté scientifique. Il déclare notamment dans le quotidien L'Humanité :
« Tout cela renforce l’exclusion de gens déjà marginalisés et se fait au détriment d’une lutte contre la vraie criminalité. Par ailleurs, il y a aujourd’hui un consensus qui se dégage pour dénoncer cette théorie des vitres brisées qui voudrait que les désordres mineurs finissent par causer les crimes majeurs. Le désordre ne cause pas le crime. Les deux, en fait, ont les mêmes causes. Ce constat, qui rassemble désormais la communauté scientifique, mais aussi de plus en plus de chefs de police, n’est malheureusement pas encore partagé par le monde politique. »
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