
Ci-joint le compte rendu du débat participatif qui s’est déroulé à Woippy le 9 janvier prochain sur le thème de l’éducation, la formation et l’accès à l’emploi. Bien sûr il ne s’agit pas ici du programme des socialistes pour les élections présidentielles mais bien des pistes de réflexions auxquelles vous pouvez réagir en y rajoutant vos commentaires. Ségolène Royal fera la synthèse de l’ensemble des débats participatifs le 11 février prochain.
Des professeurs ont fait part de leurs inquiétudes quant à la place de l’éducation nationale dans le programme de Ségolène Royal en vue des élections présidentielles. Ces inquiétudes tirent leurs genèses de la fameuse vidéo diffusée sur internet et les médias dominant relatant un débat où a été énoncée la possibilité pour les enseignants de travailler à raison de 35H/semaine. A noter que cette vidéo a suc citer des interrogations qui n’ont pas lieu d’être, pour cause l’éducation tient une place prépondérante dans le programme socialiste, et les débats participatif, comme celui aborder par la section de Woippy ont pour vocation de renforcer ce dernier.
L’inadéquation de certaines formations
Le constat actuel fait par les participants dénonce une situation inquiétante surtout à propos de l’inadéquation entre les formations actuellement proposées et les débouchés offerts par l’actuel marché du travail. Les problèmes rencontrés dans l’éducation de nos enfants proviendraient également d’un cercle i-vertueux qu’est l’abandon du cercle familial, de l’éducation et du non accès à l’emploi.

La question qui découle naturellement de ce constat est donc la suivante : est-il normal de créer des filières qui n’offrent que très peu de débouchés professionnels à l’instar de la sociologie. Autre exemple avec les formations de secrétariat qui ne répondent plus forcément aux attentes des employeurs qui demandent désormais une polyvalence de la part des employés. Il conviendrait de pousser davantage ces formations.
Le choix de l’orientation
Afin d’expliciter clairement cette problématique prenons en exemple le cas de la filière STAPS qui accuse un nombre très important d’étudiants de première année, pour au final, que la majorité échoue au concours : résultat 3 années d’études pour quasiment rien. Plusieurs participants ont évoqués la nécessité d’effectuer les concours en amont afin d’éviter les situations d’échec. Le nombre d’admis correspondrait ainsi au nombre d’étudiants nécessaires pour renouveler les enseignants partant à la retraite. Cependant se pose la question éthique du libre accès à l’enseignement supérieur ; subsiste une ambiguïté entre le dirigisme et la liberté.
Parallèlement, il est devenu nécessaire de faire comprendre à notre société que l’école ne peut prétendre à un taux de 100% de réussite, cela s’apparenterait à une utopie irréalisable. Mais admettre ce fait ne revient pas à une mise en cause des professionnalités du corps enseignant. Par contre le fait de tout mettre en oeuvre pour sortir de l’échec les enfant en difficulté ne doit pas empiéter sur les moyens voués à encourager davantage ceux qui réussissent.
Des filières à légitimer
La dévalorisation de certaines filières est aussi un phénomène inquiétant car devenues moins attractives, les élèves en difficultés s’y orientent par défaut. De facto, l’échec scolaire peut dévier vers un échec professionnel. Un renforcement des communication d’action et d’utilité publique (CAUP) préexistante s’avère indispensable afin de rompre avec l’habitus des standards stéréotypés véhiculés dans la sphères publique et qui de ce fait plombent l’orientation des élèves dès le plus jeune age. Cette communication est davantage à effectuer envers les parents qui poussent parfois leurs enfants à rentrer dans le moule d’une scolarité perçue ou dite « normale » et ce à l’encontre des suggestions des enseignants. Mais cela passe également par une réorganisation des structures chargées de l’orientation qui doivent être capables d’expliquer clairement les filières et leurs débouchés, ce qui n’est pas toujours le cas.
Le rôle de l’entreprise
Il convient de « réorienter l’orientation » en fonction de la réalité économique et des besoins du monde entreprenarial. Cependant les besoins économiques évoluent beaucoup plus vite que la flexibilité de l’orientation et de la formation. Pour exemple il y a des métiers nécessaires dont la formation n’est plus enseignée par l’Education Nationale. L’entreprise aurait donc un rôle important à jouer dans le processus de la formation. Mais attention, si l’entreprise s’inscrit dans un rôle de continuité, la formation complémentaire qu’elle apporterait aux salariés ne doit en aucun cas s’avérer précipitée dans la recherche rapide de productivité et de rentabilité de ces derniers. Dès lors doit on inciter davantage les entreprises à prendre en charge des formations spécialisées ainsi qu’à leur déléguer ces dernières sous le contrôle de cahiers des charges établis au préalable ?
Un autre constat concernant le monde de l’entreprise est également déconcertant. Ce dernier réclame des formations plus en adéquation avec ses besoins, pourtant nombre de sociétés se refusent à prendre des stagiaires ou des apprentis à cause de la complexité des démarches administratives à effectuer, il convient donc de simplifier grandement ces dernières.

A noter enfin, qu’avec les changements socioculturels et l’allongement de la durée des études, l’âge d’accession à la retraire recule inéluctablement, d’où l’avantage des formations dites en alternance qui permettent de cotiser au plus tôt.
La formation continue
Le problème n’est pas d’être payé au SMIC, mais d’y rester toute sa vie. Afin d’enrayer cette problématique, l’ascenseur social doit pouvoir exister et fonctionner dans toutes les entreprises. Pour ce faire la formation à caractère permanent et professionnel doit devenir un droit. Celle-ci pourrait être financée par l’entreprise ou par le salarié lui-même à condition que son coût soit abordable. A souligner la réussite de la VAE - dont Gerard Terrier, actuel Maire de Maizières Les Metz fut l’un des rapporteurs - mais dont le coût fixé par les universités peut parfois être très élevé (3000€).
La mouvance économique fait que de plus en plus de personnes se voient contraintes de changer de métier au cours de leur existence, phénomène qui légitime davantage la nécessité du droit d’accès à la formation continue.
L’éducation populaire
L’éducation populaire est un système dont l’intérêt n’est pas à négliger car il permet d’apprendre aux enfants par l’intermédiaire de nombreux bénévoles les notions de base de la citoyenneté, mais cette dernière connaît un manque de moyens humains, matériels et financiers croissant.
La question des salaires
Cette question est d’autant plus importante que nous sommes, nous mosellans, dans une région transfrontalière où des pays comme le Luxembourg propose des salaires plus élevés à compétences égales. Dès lors l’augmentation du SMIC apparaît comme primordiale à la condition de l’indexation des autres salaires.

Le SMIC apparaît également comme un facteur limitant la motivation des étudiants, dont la plus part se disent désormais « cela ne sert à rien de faire des études pour gagner le SMIC ». Si tout le monde s’accorde sur la nécessité de renforcer une « parité à double sens » dans le traitement des salaires, d’autres propositions ont fait débat comme le fait de ne plus augmenter les salaires en pourcentage mais en valeur absolue ou de mettre en place un système de rémunération en fonction du niveau d’étude.